2 très beaux projets, pour un avionneur chez qui il en pétille des dizaines :

Crédits photographiques: Airbus 2019 - Photo Sylvain Ramadier

Ils ont créé
une aile volante,
avec une équipe-projet de seulement 10 personnes !

Un avion commercial zéro émission pour réduire l’impact de l’aviation sur le climat, c’est l’objectif d’Airbus d’ici 2035. Parmi tous les projets développés, voilà la drôle de réponse d’une équipe d’ingénieurs inspirés et… productifs !

Rappelons les bases : pour parvenir au zéro-émission, l’hydrogène semble être un excellent candidat, avec en plus un rendement énergétique 3 fois supérieur au kérosène, rapporté à la masse de carburant. Et on devient vraiment très propre si, en plus, ce carburant-hydrogène est produit en amont par électrolyse à partir d’énergies renouvelables. Une jolie façon de permettre à ces dernières d’alimenter potentiellement de gros avions, et sur de longues distances : on estime que l’hydrogène peut permettre de réduire les émissions de CO2 de l’aviation jusqu’à 50%.

Ils vous racontent comment ?

Au même moment, une petite équipe a réussi une vraie prouesse d’ingénierie agile très prometteuse… Parce qu’il y a un léger défi avec l’hydrogène : un gaz, comparé à du kérosène liquide, ça ne prend pas de masse mais ça prend… de la place ! Pour l’utiliser, il va falloir réinventer la silhouette des futurs avions afin d’accueillir des réservoirs bien plus volumineux qu’aujourd’hui. Eh bien à 10 personnes, l’équipe projet du MAVERIC, au sein du Flight Lab d’Airbus UpNext à Toulouse, a imaginé un relifting spectaculaire avec un « corps d’aile mixte ». Traduire : une aile volante ! A la clé, non seulement 20% d’économies de carburant, mais aussi une expérience passagers améliorée, grâce à une cabine bien plus spacieuse.

En moins de trois ans, MAVERIC est passé d’une simple esquisse à une maquette 3D générée par ordinateur, et un démonstrateur révélé au Singapore Air Show 2020. Découvrez sa maquette à bord de notre vaisseau, c’est un pur concentré d’inventivité positive !

Un peu plus de détails ?

Son équipe injecte les progrès de l'aéronautique...
...vers le handicap.

Dès 2013, Airbus a créé… le Protospace : des espaces équipés de machines numériques, situés au sein même des lieux habituels de travail, ouverts à tous les salariés, et fonctionnant comme des start-ups internes pour stimuler l’innovation au cœur du Groupe.

Christophe DEBARD, designer système, y imagine voilà 5 ans un projet gonflé : une vraie esthétique pour… une prothèse de jambe sur-mesure, qu’il développe en impression 3D, grâce à une peinture électroluminescente utilisée pour les avions. On rembobine un instant : ayant été diagnostiqué d’un cancer à l’âge de 12 ans, Christophe a lui-même été amputé d’une jambe. Son projet, Print My Leg, a pour philosophie de valoriser le handicap au lieu de le dissimuler, en apportant à la personne invalide une originalité assumée, une « coolitude » source de retour de la confiance en soi : « Je n’ai pas quelque chose en moins, mais en plus. ».

Galvanisé par ce premier succès majeur, Christophe crée dans la foulée le Humanity Lab, qui propose à tous les salariés d’Airbus, après une formation interne aux outils du FabLab mais aussi aux méthodologies d’innovation (Design Thinking, Fast Prototyping), la possibilité de contribuer à « débloquer » les projets technologiques positifs et avant tout humains d’un nombre toujours plus grand d’ONG, associations, de particuliers ou d’institutions. Toujours sur des projets directement liés à l’invalidité, à la mobilité sport & handicap, à la performance, à l’accessibilité et à l’environnement.

Plus de détails

Il est à bord du vaisseau ! Demandez-lui de raconter les belles aventures vécues depuis par Humanity Lab (tiens, par exemple, lancez-le sur le projet HOPPER, prothèses de course à base de carbone recyclé de l’A350 !), il y en a un joli bouquet ! Il faut dire que le Lab rassemble désormais une soixantaine de bénévoles à travers les différents sites d’Airbus en Europe, et bientôt au-delà ! Le genre de pandémie qu’on adore !

L’histoire de HOPPER

Crédits photographiques: Airbus 2019 - Master Films - Artem Tchaikovski
Crédits photographiques: AIRBUS SAS

La Discovery Box Airbus

Cette aventure ébouriffante a commencé avec un sèche-cheveux ! Des ingénieurs d’Airbus l’utilisaient pour souffler sur un petit profil d’aile posé sur une balance. Ils démontraient ainsi à des enfants fascinés comment la portance se crée sur une aile d’avion, cette force qui lui permet de voler.

Devant le succès de cette ingénieuse expérimentation, l’équipe décide de développer une version reproductible et accessible à tous. Ils mettent à profit les nombreuses compétences d’Airbus et de son Fablab interne pour fabriquer une version imprimable en 3D, avec des pièces électroniques grand public issues de drones radiocommandés. 

Depuis, la Discovery Box a fait du chemin. Non contente d’être sélectionnée parmi les projets de l’initiative gouvernementale Africa 2020 en Haute Garonne, la box a été reproduite au Bénin, en Inde, en Espagne et elle s’apprête à partir au Cameroun ! Aux quatre coins du monde, les yeux des gamins brillent en touchant du doigt ce qui fait voler les avions.

De quoi ouvrir les portes de l’aviation aux ingénieurs et techniciens de demain pour inventer un monde plus durable. Vous aussi, venez rencontrer ces ingénieurs passionnés et toucher du doigt « comment ça tient en l’air » !

Aviation et hydrogène, les prochaines marches à franchir

Bon, on ne va pas se le cacher, l’hydrogène, depuis le Zeppelin Hindenburg, n’a pas laissé que des bons souvenirs dans l’aviation ! C’est pourquoi, fort de ses avantages de rendement et de propreté hors du commun, il va lui falloir désormais faire ses preuves sur plusieurs fronts :

1.      Contraintes technologiques

Les technologies mûries par les industries automobile et spatiale doivent être rendues compatibles avec l’exploitation des avions commerciaux, notamment en réduisant le poids, et les coûts, et atteindre des niveaux de sécurité équivalents ou supérieurs à ceux des avions au kérosène d’aujourd’hui.

2.      Disponibilité et coût de l’hydrogène

Aujourd’hui, l’hydrogène est plus cher par kWh que le kérosène. Mais la baisse des coûts de l’électricité renouvelable et l’augmentation de la production d’hydrogène vert dans le monde pourraient rapidement changer la donne.

3.      Infrastructures

Des solutions de transport à grande échelle sont nécessaires pour fournir aux aéroports les quantités d’hydrogène nécessaires pour alimenter les avions. La réutilisation des pipelines existants pour transporter de grandes quantités d’hydrogène est imaginée. Et surtout, la production d’hydrogène directement sur site est une option, en particulier si un approvisionnement en énergie renouvelable est à proximité.

4.      Perception du public

Elle reste mitigée quant à la sécurité de l’hydrogène. La croissance des solutions de transport alimentées par l’hydrogène, comme les voitures et les bus, contribuera probablement à changer positivement les opinions.

Sur la plupart des marches à franchir, les planètes sont en train de s’aligner. Alors, nous, on a envie d’y croire !

Crédits photographiques: Airbus 2020 - Rendering par Fixion - Photo Dreamstime - MMS

Envie de les rencontrer ?