Vous vous souvenez de la scène du 5ème Élément où l’on découvre Leeloo pour la 1ère fois, tandis que des bras robotisés reconstituent son corps entier à partir d’une main qui est tout ce qui reste après son crash ? Bon, on n’en est pas encore tout à fait là mais… voici quelque chose qui commence à y faire sérieusement penser !


3D.FAB, pour « 3DFabric of Advanced Biology », c’est une équipe d’yeux qui brillent qui s’est assemblée à partir de 2015, en une plateforme de recherche. Le nom de plateforme n’est pas là pour faire joli : il souligne le fait qu’ici, laboratoire et entreprises travaillent en collaboration aussi étroite et permanente que possible, afin de tester les systèmes de A à Z, de la preuve de concept jusqu’au transfert technologique, en vue de leur production pour le plus grand nombre.


Et ils sont devenus très, très calés en médecine régénérative…

Crédits photographiques: 3D.FAB

Imprimer
de la peau humaine ?...

Ou presque ! Vous allez découvrir ici rien moins que des imprimantes de cellules vivantes, avec pour objectif de les mettre en application pour la première fois non plus dans les labos, mais en réel dans les blocs opératoires. Premier essai pré-clinique en vue dès 2022 !

Grâce à un bras robotisé sophistiqué (6 axes) capable de s’adapter à la forme précise du membre sur lequel il intervient, on peut réimplanter directement sur un grand brûlé
le matériau vivant qui lui permettra de produire un derme et un épiderme
. Concrètement, sur les endroits lésés on imprime une bio-encre : un gel constitué d’un milieu nutritif, ensemencé de cellules vivantes issues du patient lui-même (adieu, les rejets !) et préalablement mises en culture.

Après impression, une phase de croissance des cellules (maturation) permettra en quelques semaines de régénérer un tissu fonctionnel, avec toutes les couches de la peau (et non plus seulement le derme comme dans le cas de greffes classiques). Et en plus, on gagne un temps spectaculaire pour le blessé : la maturation va 2 à 3 fois plus vite sur le corps de la personne que quand on cherche à préparer
 e la peau in vitro pour une greffe !

Un espoir majeur s’est ouvert pour les grands brûlés… mais aussi pour les malades souffrant de plaies chroniques, ou même d’ulcères.

En savoir plus…

Les prochains défis, ça ne les freine pas, ça les dope !

Vous savez comment stimuler la créativité d’un docteur en biochimie auteur de 15 brevets internationaux et plus de 150 articles scientifiques ? Demandez-lui : Christophe Marquette, directeur du laboratoire, est là en personne dans l’infirmerie du vaisseau !  Il vous fera toucher du doigt les prochains paliers…

D’une part, le changement d’échelle que suppose le passage du labo au bloc opératoire : on passe de quelques centimètres carrés de peau générés à … parfois un mètre carré nécessaire pour un blessé ! Il faut pour cela inventer de nouvelles sources pour produire la peau (demandez-lui de vous raconter les cellules autologues et homologues !), avec la nécessité de nouvelles évolutions réglementaires.

D’autre part, l’enjeu d’une maturation toujours plus aboutie des tissus vivants, après implantation, pour retrouver des fonctions complexes nécessaires au vivant : vascularisation, génération de tissus multiples… Et là, nos visionnaires grattent à de nouvelles portes prometteuses : ils ont pu constater que l’application de champs et de forces 3D permet d’influencer le devenir des cellules dans les objets bio imprimés. A l’horizon, sans doute, la création complète d’organes. Nous, on adore en rêver avec eux !

Et puis, parce qu’ils avaient peur de ne pas encore assez remplir leurs journées, les équipes 3D.FAB jouent aussi les incubateurs. Sur notre infirmerie, ils vous présentent 3DEUS DYNAMICS, une toute jeune pousse dans un monde de géants, qui se propose de révolutionner l’impression de prothèses en s’approchant au plus près des formes réelles du vivant. Comment ? Grâce à un procédé qui permet une impression dans des conditions imitant l’apesanteur.

Profitez-en, l’inventeur est là, avec son prototype en fonctionnement !

Crédits photographiques: 3D.FAB

3DEUS DYNAMICS
Une rupture majeure pour rendre imprimables
les matériaux comme le silicone.

Aujourd’hui, pour pouvoir imprimer en 3D les matériaux biocompatibles comme le silicone, il faut les reformuler spécifiquement, ce qui entraîne des coûts de R&D souvent décourageants. Notre inventeur aux yeux qui brillent, Julien Barthes, a mis au point le moulage dynamique : c’est l’impression qui s’adapte au matériau, et non plus l’inverse ! C’est une technique hybride entre impression 3D et moulage : l’objet à produire est imprimé en baignant dans une poudre autoportante et autoréparante, au sein de laquelle est injecté un matériau qui se comporte comme un moule dynamique, lors du déplacement de la tête d’injection.

Pour faire simple, on se retrouve à imprimer des matériaux autrefois ingérables, dans des conditions proches de l’apesanteur permettant des formes improbables (sans support, renfort ni même de plateau d’impression). Le tout, avec des cadences de production ultra rapides pour un résultat qui reste ultra précis. Effet bonus : on peut choisir de laisser s’intégrer une petite partie de la poudre porteuse dans le matériau de l’objet imprimé, pour en plus lui ajouter des propriétés additionnelles, comme par exemple un effet antimicrobien, ou rendre le matériau conducteur !

Pour l’instant, le procédé est mature pour les Silicones mais l’idée n’est pas d’en rester là. A l’horizon, les thermoplastiques, les céramiques et bien sûr … les métaux. Questionnez votre hôte, il est passionnant !

Envie de les rencontrer ?