Le Centre National d’Etudes Spatiales nous invite à une balade jusque sur … Mars, afin de tenter de savoir une fois pour toutes si notre voisine a jadis accueilli la vie.

 

C’est la mission du Rover Perseverance, qui a effectué là-bas son atterrissage (enfin… amarsissage !) à haut suspense voici tout juste 1 an, après un peu plus de 6 mois de voyage. Petit frère de Curiosity, très centré cette fois sur la recherche de traces de vie passée, il s’est posé dans le cratère Jezero, 45 km de diamètre, qui abrite un ancien delta de rivière qui débouchait, il y a 3,5 milliards d’années, dans un lac. Et d’un lac à la vie…

Crédits photographiques: NASA-JPL Caltech-MSSS

A la recherche de traces de Vie sur Mars

La mission ultime de Perseverance consiste à collecter, conditionner et stocker des échantillons de roches destinés à être renvoyés vers la Terre dans le cadre de missions futures, pour pouvoir les analyser en détails. Mais en attendant, on peut déjà en apprendre beaucoup, et plus rapidement, grâce à un véritable laboratoire embarqué !

Encore faut-il pouvoir analyser des échantillons de sols et de roches, sans parfois avoir la possibilité de s’en approcher à moins de quelques mètres. Il y a une solution futée pour cela : c’est de tirer dessus avec un laser pour pouvoir observer la réaction du matériau, et les vapeurs qui s’en élèvent suite à l’impact. C’est le rôle du SuperCam (cet ensemble d’appareils qui donne une sorte de « tête » à la silhouette du rover), dont une partie a été conçue et fabriquée sous la responsabilité du CNES, et qui sera opéré par ses équipes depuis Toulouse, en alternance avec les Etats-Unis.

L’analyse se fera notamment grâce à une série de spectromètres. Spectro-quoi ? Depuis le temps que vous entendez citer ces machins dans toutes les missions spatiales, c’est le moment de demander ce que c’est et comment ça marche, aux scientifiques présents ! L’un des spectromètres sera capable de détecter d’éventuelles molécules organiques, caractéristiques du vivant. Et, plus inattendu, un bon vieux microphone (enfin, dans sa version high-tech !) servira à évaluer la dureté des roches, à partir de la mesure du bruit d’impact du laser.

Perseverance a tout contre lui !

Enfin, c’est ce qu’il dit à son psy 😉 Jugez plutôt… D’abord, une planète à l’environnement résolument hostile : des variations de températures extrêmes, jusqu’à 100°C entre le jour et la nuit (de -90°C à un peu plus de 20°C !) qui provoquent une usure accélérée des pièces aussi bien mécaniques qu’électriques. Le tout, baigné de tempêtes de poussière régulières.

Ensuite, des imprévus. Tout le temps. Et tout cela, pas en temps réel : distance moyenne 200 millions de km ! La transmission d’une instruction de mouvement (ou d’arrêt !) prend 20 minutes… voire plusieurs heures s’il faut attendre le passage d’un satellite relais ! Avec malgré tout l’exigence d’un pilotage de haute précision : une simple erreur peut par exemple amener SuperCam à passer face au soleil, abîmant ses détecteurs. En dernier recours, Perseverance est équipé d’un système de survie autonome qui lui permet de ne pas exécuter un ordre qui lui serait dommageable.

Et puis, Perseverance, c’est un défi humain : à chaque instant, c’est une centaine d’opérateurs différents derrière leurs écrans, depuis des lieux dispersés partout sur Terre. 15 réunions téléphoniques par jour… enfin quand on dit jour, on vous laisse imaginer l’heure de certaines ! Et puis, un jour martien compte en moyenne 37 minutes de plus que celui sur Terre. Lentement, mais sûrement, les journées des « tireurs d’élite » de SuperCam vont donc se décaler. Un rythme intenable, où le jour et la nuit se confondent.

Ce qui explique que le bâtiment dans lequel ils « opèrent » n’ait pas de fenêtre.

Et malgré une planète pas vraiment accueillante, la mission, elle, la respecte au maximum, pour préserver Mars de toute contamination biologique. Le niveau de propreté extrême lors de la fabrication et de l’envoi du rover évite de détecter, dans les échantillons, des traces chimiques de vie terrestre qui pourraient être prises pour les traces d’une forme de vie martienne (faux positifs).

Découvrez la galerie photos de la mission

Allez, on se rapproche du rover ?…

Crédits photographiques: NASA-JPL Caltech
Crédits photographiques: ESA / NASA 2017

Construire un futur
où l’espace est
au service de tous

Le CNES est l’entité qui propose et met en œuvre les projets spatiaux français, dans 5 grands domaines stratégiques :

·         Les lanceurs, qui nous assurent l’autonomie de notre accès à l’espace, avec Ariane.

·      L’exploration de l’espace, à la recherche des réponses aux questions fondamentales de l’humanité sur l’origine du système solaire, des galaxies, de la vie.

·         L’observation : comprendre la Terre en l’observant, étudier son atmosphère et fournir des données indispensables pour la météorologie (qui est cruciale pour bien des activités), et aussi l’océanographie.

·  Les télécommunications : le haut débit, mais aussi la collecte de données environnementales, la recherche de disparus et leur sauvetage… ou encore la localisation : au sein de sa cabine dans notre vaisseau, le CNES présentera d’ailleurs un véritable petit bijou de haute joaillerie électronique, une balise Argos totalement autonome de seulement… 2 grammes ! Elle est destinée à équiper des oiseaux, qui, allez savoir pourquoi, sont un peu sourcilleux question poids des équipements !

·    La défense, aussi bien en termes de surveillance que de communications hautement sécurisées.

Venez découvrir le CNES plus en détail, vous allez en prendre… plein les orbites !

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Les chiffres clés de Perseverance

Crédits photographiques: CNES / CNRS / nůn

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